Faire son travail ou « prendre un lead »

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Il existe une vraie différence entre le collaborateur qui fait son travail consciencieusement et celui qui tire la charrue. C’est ce que, de façon plus moderne, on appelle « prendre un lead ».


Celui qui fait bien son travail est utile, fiable ; on peut compter sur lui. La place qu’il tient est bien occupée. Il est là, présent, positif et de bonne volonté. Sans doute même atteint-il ses objectifs. Mais il participe d’une vision cloisonnée de l’entreprise ou de l’équipe. Au mieux, il coopère avec les autres mais ne fait pas équipe.

Il en va différemment de celui qui “tire“ le business. Non seulement, il fait correctement son travail mais il entre dans un “mode  équipe“. Il agite le collectif, prend des leads, exerce une coresponsabilité humaine, technique ou opérationnelle. A l’origine d’initiatives, il demeure en état de veille sur toutes choses, donne du support et reste tenace dans l’adversité.

Le “mode  équipe“ diffère d’un modèle uniquement centré sur la tâche ou la mission en ce qu’il prend en compte des aspects qui sortent du cadre restreint de son seul poste. Ainsi,  dans une réunion au lieu de ne considérer que les aspects propres à son job, le collaborateur va savoir mettre aussi la casquette de l’entité commune, prendre le point de vue de l’ensemble et même celui de l’entreprise.

En fait, la frontière est mince entre les deux pratiques, l’une centrée sur la mission personnelle et l’autre centrée sur la mission globale de l’équipe. La différence de résultat peut être grande entre la comptable qui, par exemple, en rapport avec un client va rester professionnelle et celle qui va de plus donner un sentiment de proximité ou affirmer une relation de service. Dans les deux cas, le problème est réglé mais dans le second, il y a un plus d’engagement que l’interlocuteur va sentir et porter au crédit du fournisseur.

Il en est de même dans des exemples internes ou la pro-activité va avoir comme conséquence d’éviter des difficultés ou d’anticiper des situations. Le comptable de notre exemple se permettra-t-il de donner un avis, naïf mais de ce fait utile, sur des points qui ne touchent pas à son pré carré ?

Ce qui caractérise une équipe outre la cohésion, la coopération, c’est surtout la qualité d’attention portée par chacun à l’objectif de chacun des autres ! En fait une équipe de niveau 4 ou 5 sur l’échelle de maturité du sens collectif se définit par le nombre et la qualité des interactions professionnelles et humaines. C’est dire que dans une équipe, il ne devrait y avoir que des co-équipiers qui “tirent“ le collectif pour reprendre la terminologie employée plus haut.

A cette lecture, on mesure que le manager et les normes propres à la culture d’entreprise ont évidemment une réelle importance pour déclencher et maintenir ce niveau d’engagement. Il n’en reste pas moins qu’il est du pouvoir de chaque collaborateur d’entrer ou non dans cette intention et donc de rendre l’équipe à laquelle il appartient plus ou moins performante.

Olivier Devillard